Biographical Information

Portrait of Perdicoyianni
Hélène
Perdicoyianni-Paléologou

Curriculum vitae

Publications

Il ne suffit pas d'apprendre à l'homme une spécialité. Car il devient ainsi une machine utilisable, mais non une personnalité. ... Les excès du système de compétition et de spécialisation prématurée sous le fallacieux prétexte d'efficacité, assassinent l'esprit, interdisent toute vie culturelle et suppriment même les progrès dans les sciences d'avenir. Albert Einstein.

Je voudrais être un agitateur pour les réguliers, et parvenir à ce qu'on laissât s'exprimer les irréguliers. Michel Foucault

Je me construirai une force où je me réfugierai à jamais. Simone de Beauvoir

Il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente. Camille Claudel

Enseigner la recherche en train de se faire.

Qu' on puisse devenir français en assimilant la culture française va de soi. Raymond Aron.

— Un nom d'auteur assure une fonction classificatoire en permettant de regrouper un certain nombre de textes, de les délimiter et de les distinguer d'autres ensembles ; le nom de l'auteur effectue en outre une mise en rapport des textes entre eux ; il caractérise enfin un certain mode d'être du discours, en le dotant d'un statut singulier qui le distingue de la parole quotidienne immédiatement consommable.
— "Le nom de l'auteur n'est pas situé dans l'état civil des hommes, il n'est pas non plus situé non plus dans la fiction de l'œuvre, il est situé dans la rupture qui instaure un certain groupe de discours et son mode d'être singulier. […] La fonction auteur est donc caractéristique du mode d'existence, de circulation et de fonctionnement de certains discours à l'intérieur d'une société."
— La fonction classificatoire (qu'on pourrait nommer "fonction critique" au sens étymologique de krisis, "séparation") joue donc à trois niveaux : elle définit un jeu de relations pour les textes compris sous un même nom, c'est-à-dire réunis à l'intérieur de l'œuvre, en permettant de d'opposer un "dedans" à un "dehors", et en dotant les textes d'un statut singulier. C'est pour caractériser l'ensemble des "discours" dotés de cett
e "fonction-auteur", que Foucault détaille ensuite quatre "critères"
. (Michel Foucault, Qu’est-ce qu’un auteur?, 1969).

Je ne souhaite pas qu'on 'manuélise' ce que j'ai fait : un manuel ne garde que des résultats en oubliant la démarche qui les a produits. Or, dans nos études, ce qui est fécond, ce qui peut inspirer, fût-ce en évocation, de plus jeunes chercheurs, c'est l'histoire des cheminements avec ses aventures. Georges Dumézil

La contradiction entre la recherche sur des sujets limités et le savoir encyclopédique qu’exige ou suppose le cours me gênait déjà et m’aurait rendu presque insupportable le métier. Raymond Aron

La portée, le sens historique des événements change avec le déroulement des suites. L’historien insère le plus souvent cette sorte d’interprétation au récit lui-même. Mais la distinction entre l’événement et ses suites me paraît logiquement possible. Au lieu d’employer l’expression le passé devient autre, je dirais : le passé prend un autre sens aux yeux de ceux qui disposent du recul, sans oublier que l’interprétation – par exemple de la Révolution – fait partie intégrante de n’importe quelle histoire de la Révolution, tant le choix des faits et des concepts commande la reconstitution.  Aussi je supprimerais la phrase qui semble condamner l’histoire du présent. Il existe aujourd’hui un genre que l’on peut appeler histoire immédiate ou histoire du présent à laquelle je ne refuse pas le droit à l’existence, bien qu’elle constitue, en une large mesure, la matière pour un historien de l’avenir. Raymond Aron

Les ressources de l’imagination l’emportent nécessairement sur la réalité, même défigurée ou transfigurée par le mensonge. Ainsi s’explique le préjugé favorable des intellectuells en faveur des partis dits avancés.  Raymond Aron

La lettre que m’envoya Georges Pompidou quelques semaines plus tard – document historique, me semble-t-il – éclaire la penséee du Premier ministre et le déroulement même de la crise.

“Mon cher Ami,
“J’ai lu avec intérêt et beaucoup apprécié vos articles sur la crise de Mai et les problèmes de l’Université. Toutefois une affirmation qui apparaît dans votre article sur le discours de M. Faure m’incite à vous écrire pour rectifier, non pas à l’usage de vos lecteurs mais à votre usage strictement personnel. Permettez-moi de vous dire que vous vous trompez. Je n’ai fait aucun pari. Il n’y avait pas une chance sur 100 à mes yeux pour que mes décisions du 11 mai arrêtent le processus. Alors, direz-vous? Alors j’ai fait ce que fait un général qui ne peut plus tenir une position. Je me suis retiré sur une position défendable. Et j’ai donné à cette retraite un caractère ‘volontaire’ à la fois par souci de sauver les apparences et à cause de l’opinion. J m’explique. Quand je suis rentré d’Afganistan, j’ai trouvé une situation qui m’est apparue désesperée – l’opinion parisienne était entièrement derrière les étudiants. La manifestation du 13 mai était annoncée. J’ai pensé alors (et aujourd’hui j’en suis sûr) que faute de rendre la Sorbonne, cette manifestation entraînerait peut-être la chute du gouvernement (et du régime), mais qu’à tout le moins elle s’emparerait de la Sorbonne. Pouvez-vous imaginer q’un cortège de quelque 500 000 personnes allant de la République à Denfert (et encore l’itinéraire ne fut-il accepté par les dirigeants de la manifestation que le dimanche après mes décisions) ne ferait pas un détour vers cette Sorbonne gardée par les CRS? Et qui a jamais empêché une foule de cette importance de pénétrer dans un local comme la Sorbonne? Même l’armée n’y aurait pas suffi et, au surplus, qui aurait commandé à des soldtas de tirer une foule pareille?
“A partir de là, avec une Sorbonne réoccupée par les étudiants en dépit des décisions gouvernementales, la situation était sans issue et nous condamnait à une capitulation ou une guerre que l’opinion n’aurait acceptée.
“Car, et vous le savez bien, tout dans une affaire de cet ordre se joue sur l’opinion; leur rendant la Sorbonne, j’enlevais à la manifestation son objectif stratégique, elle cessait de pouvoir devenir une émeute pour rester une ‘démonstration’. Mais surtout, ayant fait ce que l’opinion attendait, je renversais les responsabilités. Désormais, c’était les ‘étudiants’ qui se mettaient dans leur tort, qui devenaient des provocateurs, au lieu que ce fussent des innocents se défendant contre les provocations gouvernementales et policières. Je n’avais plus qu’à gagner du temps, à circonscrire le mal, puis à prendre l’offensive sans douleur lorsque l’opinion en aurait assez. Telle fut ma ligne de conduite depuis le début jusqu’à la fin.
“Dans une affaire de cet ordre, il n’y a que deux issues – ou bien, dès le départ, se fier à la répression la plus brutale et la plus déterminée.  Je n’en avais pas le goût ni les moyens. Les aurais-je eus que la révolte de l’opinion aurait obligé à reculer, c’est-à-dire à disparaître. Une démocratie ne peut user de la force que si elle a l’opinion pour elle et nous ne l’avions pas.
“Ou  bien alors il faut céder du terrain, faire la part du feu et gagner du temps. Les étudiants pouvaient se lasser et venir à composition. Ils pouvaient aussi s’entêter, ce qu’ils ont fait. Dans ce cas ils étaient de moins en moins nombreux et de plus en plus impopulaires. C’est ce qui s’est passé. Et, le moment venu, je prenais l’offensive sans douleur.
“Ne vous y trompez pas, j’ai gagné la partie politique le 11 mai au soir. il pourrait y avoir eu une autre partie à gagner ou à perdre si le parti communiste avait décidé de passer à la révolution violente. Mais là, contrairement à ce qui se passait pour les étudiants, le gouvernement avait la possibilité d’user de la force parce que l’opinion aaurait été avec lui et l’armée fidèle sans hésitation. De toute manière, c’est le PC qui a reculé devant l’aventure.
 “Gardez, je vous prie, ces réflexions rapides pour vous seul, mais je tenais à vous éclairer sur ce que fut ma tactique.
“Je serais heureux de vous voir à la rentrée pour parler Université. Beaucoup de choses me préoccupent dans ce qu’a dit E. faure et, naturellement, je ne puis pas prendre position publiquement.
“Croyez, mon cher ami, à mes sentiments les meilleurs”.

Cette lettre, écrite à la fin du mois de juillet 1968, ne justifie pas seulement les décisions du 11 mai, elle explique la ‘gestion’ de la crise, dont la responsabilité incombe à Georges Pompidou bien plus qu’au Général. Le départ secret du Général, le 29 mai, et le dissentiment des deux hommes, sortent indirectement du choc entre le Président et le Premier ministre le soir 11 mai, le soir où ce dernier prit la décision des manoeuvres et prépara la victoire - la sienne... C’est la décision de Georges Pompidou qui est à l’origine de la prolongation des troubles et du succès final. Raymond Aron

Je me souviens d’une expression que j’employais parfois quand j’avais vingt ans, dans les conversations avec des camarades et avec moi-même: “faire son salut laic”. Avec ou sans Dieu, nul ne sait, à la fin de sa vie, s’il s’est sauvé ou perdu. Raymond Aron

Tout le bonheur des hommes est dans l'imagination. Marquis de Sade

Chaque homme porte en lui un monde composé de tout ce qu’il a vu et aimé, et où il rentre sans cesse, alors même qu’il parcourt et semble habiter un monde étranger. François-Réné de Chateaubriand
   
Se souvenir est une grande volupté de l’homme, mais non dans la mesure où la mémoire se montre littérale, car peu accepteraient de vivre à nouveau les fatigues et les souffrances qu’ils aiment pourtant à se remémorer. Le souvenir est la vie même, mais d’une autre qualité. Claude Levi-Strauss